La Grande Aventure...

... se dressait devant moi,
redoutable comme une
question posée par les Dieux :
sauras-tu faire de ton rêve une réalité?
(Bernard Moitessier - La longue route)

Catégories

NEW MATELOT/MATROOS/MATROSE

Where is Pandorak ?

In Chipman Point (Vermont, USA), on Lake Champain.

Commentaires Récents

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Prochainement :

Vol sur la neige dès que la météo le permet !

Nombre de visiteurs

compteur pour blog
Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 23:32

Voilà 6 mois que cette question me taraudait. Traverser… avec qui ?

 

Richard, en plein boulot, avait d’abord décliné mon « offre » : échanger son PC contre 30 jours de désert océanique, de roulis, de sel, de fatigue. Zéro escales, zéro rencontres. Des clients perdus… Encore un plan à la walou de Fab.

 

A trois semaines du départ, alors que je me prépare mentalement à une traversée en solo, je reçois un mail de Tudor.

 

[ PS : Nous avions rencontré Tudor à Sulina, dernier village roumain avant la Mer Noire, terminus de notre voyage fluvial de 2004.

 

Flic francophile, amateur de Baudelaire, fin pêcheur et « découpeur d’épaves » (dont il revendait l’acier au poids) à ses heures perdues, Tudor avait appris le français en regardant TV5 ( ?!).


Tudor et sa fille
dans le carré de  Pandora







Son intelligence et sa débrouillardise toute roumaine avaient eu raison de tous les obstacles techniques et administratifs pour mener à bien cette mission totalement ubuesque : hisser les 7 tonnes de Pandora avec une grue capable d’en soulever la moitié, avant de le découper en rondelles pour le faire rentrer de force dans un camion trop petit, depuis le delta du Danube, direction Amsterdam… ]



 

 
Tud et Rick, « grutage » épique de Pando,

novembre 2004


 Tudor avait été une vraie rencontre providentielle, en permettant à notre chère péniche de ne pas finir sa vie au fond du Danube. Depuis 5 ans, nous sommes en contact par mails.

 

Début février, donc, je reçois un mail :

 

Mail de Tudor à Fabrice, 31 janvier 2009

 

(…)Traverser l’ocean…..I’m your man. Voila quelque chose de nouveau…

 

Mail de Fabrice à Tudor, 1er février 2009

 

 (…) réfléchis bien : au minimum 30 jours de mer... solitude absolue... fatigue... chaleur... des pâtes et du riz... des porte-conteneurs à éviter...!

 

Mail de Tudor à Fabrice, 2 Février 2009

 

(…) Mon ami, j'ai fait quatre années d'école militaire. Je suis bien éduqué pour manger même des  pierres si t'es capable de les trouver au milieu de l'océan. Et après les avoir mangées, je peux discuter des heures sur leur saveur, sur leur texture et sur leurs qualités nutritives.

J'attends tes informations pour interrompre mes relations avec la police roumaine. Il y a quelques formalités à faire et ça demande du temps.

 

Mail de Fabrice à Richard, 3 février 2009 :

 

Rik,

Tudor semble partant pour une transat… Ca ferait « de la Mer Noire à l'Atlantique » ou « de Sulina à Miami », la Mémoire du Fleuve, tome 2. Que dirais-tu d'une traversée version 3 mousquetaires avec un fin pêcheur à bord?

Mail de Richard à Fabrice, 3 février 2009

 

Ahah, sacré Tudor,

Je vais y réfléchir sérieusement

Rik

 

Mail de Tudor à Fabrice, 8 Février 2009

 

C'est le jour où ma femme a découvert mon intention de partir avec toi.

La révolution communiste, c'est le jardin d'enfants en comparaison avec ce qui s’est passé chez moi.
J’ai découvert que j'étais un mari irresponsable, un père inqualifiable, un égoïste, une canaille...

J’ai essayé, timide, de lui dire que 4-6 semaines sans un tel homme seraient un paradis.
Very wrong mouve!

Toute la maison me regarde avec opprobre.

Ma femme, ma fille, son chat aussi....

Mais je résiste. Nous partons en mars.

 

Mail de Richard à Fabrice, 10 février 2009

 

Tudor a l’air motivé ;)

Moi je suis toujours dans ma recherche de sens de la life / boulot

Serais-je parvenu à l’âge limite où on ne fait plus de petite folie ?

 

Mail de Fabrice à Richard, 10 Février 2009

 

Rik,
Il est temps que je m'occupe de mon billet pour les canaries. Je vais fixer une date avec Tud. Il nous faut environ 3-4 jours pour préparer le bateau et faire l'avitaillement. Je pense au 6 mars. Tu me files une réponse avant ton départ en Inde. Ca roule?

 

Mail de Richard à Fabrice du 10 février 2009

 

Of course

Donc 5/6 mars départ du bateau ? Je pars le 18 février et rentre le 3 mars à 6h du matin.

 

Mail de Fabrice à Tudor, 12 février 2009

 

Richard réfléchit à venir aussi. Il part en Inde et rentrera le 3 mars. J’attends sa réponse définitive. Qu’en dirais-tu ?


Mail de Tudor à Fabrice, 12 février 209

Un ménage a trois!!!!! J’étais très jeune quand je rêvais de ça.....

C’est parfait pour moi!

Je pense que mon laptop est inutile à bord mais je peux prendre quelques livres. Pour le reste, quelques vêtements bien recyclables.... mais je pense que le problème, c’est moi : je fais près de cent kilos! Il faut prendre Richard aussi.... pour l'équilibre du bateau... moi dans un bord et vous dans l'autre... je veux pas traverser l'océan à toujours calculer le centre de poids...

 

Une semaine plus tard, je reçois la réponse de Rick :

 

Mail de Richard du 17 février 2009

 

Objet : C'est pas l'homme qui prend la mer...

 

C’est Richard qui prend la mer !

Mais uniquement (oui, j’ai le droit d’être chiant ) si :

-          On est 3 à bord (des nouvelles de Tudor ?) parce que les quarts à 2 pendant 1 mois…

-          On emmène 1 banane pour me tenir compagnie le premier jour de mer

-          Si je peux te laisser à Nassau ou Miami si le temps presse (style si on dépasse 30 jours de mer une fois arrivés à Nassau, je crois que je sauterai dans le premier avion !)

-          Si tu me précises la date de départ du bateau pour que je book mon vol !

 

Richard

 


 

 


Nous partons demain.

 

Par fabrice - Publié dans : OCEAN
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 18:31

Chantier peinture épique en décembre :
le mauvais plan, pluie tous les jours, même aux Canaries !


D'abord un primaire époxy pour masquer le bordeau...

... puis deux belles couches de laque polyuréthane bi-composant


Le petit stress de l'amarrage :
surtout ne pas bousiller une semaine de boulot!!


Enfin sa vraie couleur...Pandorak ne pouvait être que jaune et bleu!


Comme un air de famille?

Merci à Nicole Carmagnac pour les photos
Par fabrice - Publié dans : OCEAN
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 23 août 2008 6 23 /08 /Août /2008 19:39



- C'est quoi la barre en face?

- …ben, ca peut que être la terre.

- Y a des îles en face du Tage ?

 Coup d’œil sur la carte. Rien, évidemment. Pourtant, un mur noir barre l’horizon à l’ouest.

A ce moment-là, je suis toujours torse nu, en short et sandales dans le cockpit. Adieu Lisboa… Pando se déhale lentement en s’éloignant de l’estuaire du fleuve. 1 minute plus tard, le vent monte brusquement d’un cran. Trois tours dans le génois. Le temps d’aller au pied du mât prendre le premier ris, une première vague me fouette sans crier gare. La gite s’accentue. Nos regards se croisent.

 - On prend le deuxième ?

Pas le temps d’enfiler un ciré : nouvelle manœuvre. Bateau au bon plein, la gite ne diminue toujours pas. 30 secondes plus tard, un mouchoir en guise de foc, je me félicite d’avoir fait installer un 3ème ris, que je prend sans plus hésiter, trempé jusqu'au os.

Ce n’est qu’à ce moment qu’une lumière s’allume dans nos cerveaux rendus mous par l’escale portugaise. Le mur de tout à l’heure… un grain !

La traversée Lisbonne-Madère commence dans des conditions musclées. Trois heures plus tard, le vent redevient nord-est, la nuit tombe et nous filons au portant, cap au 225.


5 jours et 550 miles plus tard, les falaises tourmentées de Porto Santo se profilent à l'étrave.





Nous arrivons à Funchal le jour de l'anniversaire des 500 ans de la ville.



Souvenirs de navigateurs de passage






Plus proche de l'Afrique (700 km) que de l'Europe (1000 km), L'Union Africaine définit Madère comme un « territoire africain occupé par une puissance coloniale »...










Hormis son climat subtropical et sa végétation luxuriante, la particularité de Madère réside surtout dans ses "Levadas", un système d'irrigation unique au monde, constitué de près de 1.400 km d'étroits canaux, creusés à la main, sur une île de seulement 60km de long!



Levadas




Traversée idylique vers La Palma, aux Canaries, en 3 jours et 2 nuits



Réplique de la Santa Maria de Colomb


La Caldera de Taburiente, le plus grand cratère volcanique du monde.
Un abîme de 27 km de circonférence.

A droite, la route parcourue à bord d'Unimak. A gauche, celle de Pandorak. Point de rencontre : Las Palmas de Gran Canaria!


Un an après, je suis donc de retour aux Canaries, sur mon propre voilier. C'est là que tout c'était arrêté avec Unimak, c'est d'ici que tout commencera avec Pando!



Départ prévu : mars 2009. D'ici là, quelques détails à régler...

Par fabrice - Publié dans : OCEAN
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 16:46

Une fois le Cabo Finisterre passé, les cirés sont remisés au placard : adieu dépressions du sud-ouest, nous naviguons dorénavant au portant, idéalement propulsés par ces alizés portugais qui soufflent de secteur nord, de 15 à 20 nœuds le long des côtes déchiquetées de Galice.

 

20h03 TU : Prise du bulletin de Météo marine de RFI sur BLU


Bayona restera une escale de toute beauté. C’est ici que débarqua Colomb en 1493, de retour du Nouveau Monde.

 



Le rio Minho marque la frontière portugaise ; après une escale à Figueira da Foz, les conditions météo sont telles que nous renonçons à Porto et décidons de filer directement sur…Lisboa.

 
C’était sans compter sur les casiers de pêcheurs que nos safrans collectionnent régulièrement. La côte portugaise est un vrai champ de mine, tapissée de filets non éclairés, jusqu’à une vingtaine de mille de la côte.





Au fond : les Iles Cies





La veille de notre arrivée à Lisbonne, la vitesse du bateau chute brusquement : 5 nœuds, 4, 3, 2, 1…zéro, voiles gonflés (??)… stoppé net ! Je dois me jeter à l’eau, en pleine nuit et dans la houle glaciale de l’atlantique, pour trancher un gros filet pris dans les safrans.

 


Quand l’aube se lève, le delta du Tage est en vue.

3 Mâts brésilien

Au fond, le Ponte 25 de abril (1974 : révolution des oeillets), sur le Tage

La Torre de Belem (1515) qui surveille l'entrée du fleuve, me rappelle le château de  Pfalzgrafenstein sur le Rhin romantique

Le vieux quartier historique d'Alfama


La proue du « Padrão dos Descobrimentos », nous salue : le Monument des Découvertes, qui rend hommage à 33 illustres « découvreurs » portugais.…


A l’étrave : le prince Henri le navigateur, le premier qui va lancer le Portugal sur les routes des mers, à bord des Caravelles qu'il met au point (mais sans jamais naviguer...) afin de chercher une voie maritime le long de l’Afrique vers les Indes. A ses côtés, Vasco de Gama (Inde),  Bartlemeu Dias (Bonne-Espérance), Denis Dias (Cap-Vert, Sénégal), Tristao (Guinée), Cabral (Brésil), Corte Real (Terre-Neuve), Gonlçavez (franchit l'équateur),  Fernandes (Groenland), Magellan (premier TDM), … euh les gars, vous en laisserez un peu pour Pando?

 

 

 

 








Nous débarquons à Lisbonne le jour de la fête de San Antonio, le patron de la ville, qui se transforme à cette occasion en un énorme barbecue à ciel ouvert ; dans chaque rue, ruelle, impasse… des barbecues, sardines et saucisses, ambiance villageoise d’un autre temps.

 




Le vieux tram








Concert de Fado dans le vieux quartier d’Alfama



 

Rive gauche du Tage

Par fabrice - Publié dans : OCEAN
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés