La Grande Aventure...

... se dressait devant moi,
redoutable comme une
question posée par les Dieux :
sauras-tu faire de ton rêve une réalité?
(Bernard Moitessier - La longue route)

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Where is Pandorak ?

In Chipman Point (Vermont, USA), on Lake Champain.

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Vol sur la neige dès que la météo le permet !

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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 00:15

...et puis vient le jour du premier vol en solo.


Ce moment indescriptible où il faut bien accepter de débrancher sa cervelle.

Réminiscence du Cap-Vert...

 

Lieux : Michaelerberg, Bischling, Hauser Kaibling, Stoderzinken.

Ecole : Sky Club Austria

Musique : Alone in Kyoto (Air)

 

Premier vol from Pandorak on Vimeo.

 

Play in High Definition / Lecture en HD ici


 

Par fabrice - Publié dans : SKY
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Mardi 7 septembre 2010 2 07 /09 /Sep /2010 23:57

 

Premier vol en tandem from Pandorak on Vimeo.

 

 

Nous avons quitté Amsterdam pour nous installer à Gröbming, un petit village alpin de Styrie (Autriche).

 

Le choix s'avère meilleur que la capitale hollandaise pour apprendre à voler : le terrain de décollage est à 200m...


Premier obstacle : la législation autrichienne est beaucoup plus sévère qu'en France ou en Hollande (où il est possible d'obtenir son brevet de paramoteur en 3 petites semaines d'un aprentissage en plaine).

 

Ici, la complexité de l'aérologie alpine oblige à être d'abord un pilote de parapente confirmé avant de pouvoir accéder à la formation de paramotoriste. 

 

Il va donc me falloir décrocher 3 certificats de parapentiste (Schulbestätigung, Paragleiterschein, Überlandflugberechtigung) avant de pouvoir démarrer ma belle mobylette des airs...


Je pense finalement que c'est une excellente chose. Mieux vaut commencer par la base, c'est-à-dire par le vol libre, sans moteur : on apprend mieux à naviguer à bord d'un optimiste que sur un 40 pieds...

 

 

 

Par fabrice - Publié dans : SKY
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Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 18:40

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais rêvé de voler.

 

oiseau-copie-1

Mon rêve était de prendre la mer.

 

Pas de parfums, de vent qui fouette le visage ou qui siffle dans les oreilles, mais le confort ouaté d’un habitacle pressurisé. Le manque d’émotion que j’éprouve en prenant l’avion m’a toujours frappé. Sans doute trop loin de la terre…

 

Les voyages en appellent d’autres. Comme les livres, ils ouvrent en grand des portes qui auraient très bien pu rester fermées. Ce besoin nouveau de grimper en tête de mât est un cadeau de Caroline du Sud.

 

pandorak 213

   

Jeter un œil au-dessus du rideau végétal des rives. Troquer ces quelques arbres pour la cime cotonneuse d’une forêt qui se révèle brusquement immense. S’éloigner pour mieux embrasser, comme on recule de quelques pas pour mieux contempler un tableau. A quelques centaines de mètres de hauteur, pas plus.

 

 

73 Boucles de Schlögen copie

Besoin de plonger physiquement dans le paysage. Aucun rêve d’enfant à l’origine, mais une certitude inexplicable, à 32 ans. Une envie qui sourd au fil des miles de la côte est américaine, dans la limitation frustrante des rives. Une histoire d’air qui plonge ses racines dans l’eau. Pour finir par se cristalliser en une obsession :

 

 

APPRENDRE A VOLER !


 

Retour à Amsterdam. La voie du ciel commence sur Google. D’abord une longue immersion sur la toile pour définir l’aéronef approprié. Le monde de l’aéronautique m’est complètement étranger.

 

Mon cahier des charges est clair : l’engin doit être transportable sur Pando, être le moins cher et le moins polluant possible. Il doit pouvoir décoller de partout, ou presque, sur quelques mètres, sans trop de formalités. L’idée première de l’autogire et du pendulaire (!) est donc vite abandonnée, au profit de l’avion de poche par excellence : le paramoteur. Une aile souple de la taille du génois de Pando, un petit moteur de tondeuse à gazon et sa grosse hélice dans le dos. L’ensemble tenant dans un gros sac à dos et étant transportable par avion. Difficile de faire plus simple.

 

Une fois l’aéronef défini, les journées de lecture filent, saturées d’une terminologie technique nouvelle, comme au temps de mon initiation, purement livresque, à la mer. Voile reflex ou profil classique ? Embrayage centrifuge ou non ? Carburateur à cuve ou à membrane ? Attaches sellette ou cannes mobiles? Impossible de faire l’impasse sur ces questions : il s’agit quand même de réussir à quitter le sol… pour revenir entier.

 

Dans un premier temps (réflexe classique du débutant)  mon choix se porte sur la Rolls  des paramoteurs : un moteur 4 temps (Bailey 180V3) et son châssis en titane…

 

Avant de réaliser qu’il me faudra un moment avant de pouvoir me le payer... Calculs, hésitations… puis la libération : il suffit d’appliquer la méthode Pando (« un petit bateau tiens vaut mieux qu’un grand tu l’auras ») à mon envie de voler.

 

C’est Ebay qui m’offre le bon compromis : un Adventure M3 (160 cm³, 24 cv) et sa Dakota ITV (voile semi-reflex). Le moteur est un 2 temps et le châssis est en alu… on est loin du 4 temps en titane mais l’ensemble, âgé de 2 ans, a très peu servi et semble en parfait état.

 

Le rêve d’Icare pour 4200 €… Affaire conclue.

 

EGLISE

 

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /Juil /2010 10:15


rock2 copie

Retour à NYC


nuit


bache-copie-1.jpg Le cockpit de Pando, transformé en mare aux canards...

Les restes du nid flottent encore.


oiseaux.jpgLa bôme qui a abrité 3 oisillons pendant l'hiver...


oeillet.jpgUn hiver qui a été rude...

un demi-mètre de neige a recouvert Pando : plus de cucarachas !


ouverture-porte.jpgHome, sweet home ! L'odeur de ma fidèle boîte rouillée !


papoiseau.jpg

 

cookie.jpg

Retrouver l'Amérique, c'est (aussi) retrouver certains petits plaisirs visuels...

 

ingredients.jpg

... plus que gustatifs


centralpark2Le poumon vert de la ville, Central Park, un oasis de 4 km de long sur 1 de large, 

au coeur d'une autre forêt : les skyscrapers


centralpark.jpgSud de Manhattan depuis le Rockfeller Center. A gauche, l'Hudson.
Difficile d'imaginer qu'en 1626, les néerlandais utilisaient l'île de Manhattan comme lieu d'élevage d'animaux domestiques...


USA-6131-copie-1.jpgguitare.jpg

 

parc.jpg

L'ambiance rappel le Vondelpark en été à Amsterdam (hormis l'odeur de l'herbe...)


fab.jpgAprès une semaine à NYC, nous démâtons et mettons enfin cap au nord :

chaud devant (et derrière !) surtout ne pas toucher !! Pando gagne 4 m!

 

papa.jpgLe beau temps arrive, nous partons enfin, clearance en poche pour quitter les states, malgré le visa yéménite sur le passeport de mon père, étrangement peu apprécié des douaniers ricains...

Objectif : remonter les 500 km de l'Hudson, jusqu'au lac Champlain.

 

mystic-copie.jpgLa goélette Mystic Whaler, qui descend le fleuve toutes voiles dehors

 

ruines

Si les Anglais ont débaptisé le fleuve de son appellation néerlandaise d'origine (Noortrivier - la Rivière Nord) en hommage au premier navigateur a avoir remonté son cours (Henry Hudson, pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales), c'est Verrazano qui l'embouque pour la première fois, pour le compte de François Ier, baptisant la baie de New-York "Nouvelle Angoulême" et l'Hudson "Vendôme".

 


Jusqu'à Troy, l'Hudson tient en fait plus de l'estuaire marin que du fleuve : les effets de la marée, qui se fait chaque jour fortement sentir, dictent notre vitesse. Le fleuve prend sa source dans le lac "Larme des nuages" (Lake Tear of the Clouds), dans les Adirondacks que nous apercevrons bientôt. 

 

 

Aujourd'hui, la vallée de l'Hudson constitue une des voies de circulation les plus fréquentées d'Amérique du Nord, même si on est très loin du trafic rhénan et de ses maxi-pousseurs...

 

pousseur.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

maisonBeaucoup de villas rappellent l'Age d'Or,
quand les mythiques familles américaines, Vanderbilt, Roosevelt et autre Rockefeller passaient leurs vacances sur les rives du fleuve. 

 

phare.jpgDe nombreux phares balisent le fleuve, perchés sur des îlots

 

militaire.jpg

L'Académie militaire de West Point, la plus grande des US, domine la rive droite

 

phare2.jpg

 

oiseaux1.jpgChaque jour, le ciel dessine de gigantesques arabesques :

la saison migratoire a commencé. Cap au Nord, comme nous !

 

oiseaux4.jpgLes ballets sont incessants

 

oiseaux2.jpgPremière nuit au mouillage

 

oiseaux3.jpg

Je commence à comprendre les raisons du récent amerissage forcé de l'A320 dans l'Hudson : plus de 5000 cas de collisions par an oiseaux/avions ont été rapportés par l'US Air Force !


oiseaux5Mon grand-angle ne suffit plus!

 

 gpsA Albany, mon père doit malheureusement me quitter, à cause d'un problème de santé. Après de vaines tentatives de prise en charge dans un hôpital ricain (la première question étant systématiquement : "quelle est votre société d'assurance ?" immanquablement suivi d'un "Désolé, je ne peux rien faire pour vous"), il décide de partir en bus pour Montréal. 

 

Je me retrouve seul à bord, avec au programme les 12 écluses du Canal Champlain en solo, mat couché !

 

 

 

Deux noms de villes traversées en 2008 sur l'écran de mon GPS !

 

USA-6282-copie.jpgAttention : organisation !


Pas de pilote auto (le gyrocompas, fixé sur le mât couché, étant inutilisable)
Il s'agit d'avoir tout sous le coude pour éviter de devoir lâcher la barre
(10 h/jour). Absent sur la photo : le "WC de cockpit" (seau).

 

pecheurs.jpgJ'approche de Troy, point de départ du canal et des écluses

 

panneau.jpg

Le Canal Champlain relie, sur 100 km, l'Hudson au sud du lac Champlain.
Il a été construit dans le but d'alimenter le canal Erié,
qui relie directement l'Hudson au lac Erié.

 

ecluses3.jpgPremier éclusage, montant...

Je tiens fermement Pando par l'unique taquet du milieu.

Inconvénient : la bateau pivote autour de ce point,

envoyant les deux extrémités du mât "caresser" le bajoyer.

 

ecluses.jpgConcentration maximale et gros stress, il s'agit pas de tordre le tube !

Les éclusiers, surpris de me voir seul, se montrent très sympas et me laissent choisir une place.

 

barrage.jpgLes barrages jouxtent les écluses et témoignent de la force du courant

 

pont.jpgJe m'arrête pour la nuit à Fort Edward. Un burger en ville et au lit !

 

porte-copie.jpgLe lendemain, Pando reprend sa route, parsemée de guillotines

 

berges.jpgLes rives sont de plus en plus boisées... frustration que mon père ait manqué ça


ecluse4.jpgDernier éclusage, descendant, le 12 ème, bientôt libre !

 

montagne.jpgA Whitehall, j'atteins l'extrémité sud du lac Champlain, qui ressemble encore à une rivière pour bientôt s'élargir et atteindre 19 km de large (pour 180 km de long).

Champlainmap.png

paysage.jpgPando face aux Green Mountains.
Rive gauche : état de New York. Rive droite : Vermont.

 

inverseur

Je suis à Chipman Point, à une grosse journée de nav de la frontière canadienne. La météo des jours à venir est mauvaise, des orages de chaleur sont prévus. L'idée de traverser sans voile, en m'en remettant uniquement à mon petit moteur me stresse. Inutile de remâter : dès la frontière passée, il me faudra re-démâter pour passer les écluses de la rivière Richelieu. Et si je me retrouve en panne au beau milieu du Champlain, dont le caractère mauvais est réputé par vent de secteur nord (200km de fetch) ? Après réflexion, je quitte Chipman Point à l'aube. Lorsque, à 100m du ponton, je mets les gaz, je reste scotché à 1,5 noeuds. Je pense immédiatement à un cordage pris dans l'hélice, jette l'ancre et pique une tête dans l'eau (froide : il est 5h du mat). Rien! Mon inverseur HURTH qui me lâche à nouveau, alors que je l'ai changé en Floride! Dans la foulée, l'alternateur refuse de débiter le moindre ampère. Pour le coup, la Loi de Murphy vient de m'éviter une situation scabreuse. Lorsque, 26 h plus tard, le vent se lève et qu'un orage de fin du monde s'abat, je remercierais presque HURTH de concevoir de pareilles merdes...  

 

  chipman.jpg

Retour à Chipman Point...

 

De l'avis de Raymond, mon voisin de ponton et ami, le sort a voulu que je sois bloqué dans le meilleur spot du Champlain pour laisser Pando : les québécois de passage m'affirment également que je ne trouverais pas moins cher au nord (300 USD pour laisser Pando 6 mois à terre...) L'ambiance est familiale et bon enfant. Tout le monde s'affaire pour résoudre mes problèmes. Chipman n'est qu'un ponton isolé de tout mais Raymond, soudeur à la retraite, me sort régulièrement pour visiter les environs en pick up et sera un guide providentiel pendant deux semaines, entre restos, virées et BBQ. Nous partons à bord de "Good Fortune", sa vedette, découvrir le sud du lac. Je lui laisse mon alternateur et mon inverseur à réviser. Son aide durant ces semaines est tout simplement... inestimable.

 

kevin.jpg

Andy, au BBQ, me nourrit régulièrement des poissons qu'il sort de l'eau, presque mécaniquement, au rythme d'1 par minute, les jugeant chaque fois trop petits pour lui.

Je n'en demande pas tant ! 


poisson.jpg

 

raymond.jpg

Merci pour tout, Ray!

Par fabrice - Publié dans : RIVER
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