Dimanche 13 avril 2008
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Avec son dédale de ruelles médiévales et ses vieux édifices en brique, Middelburg fait
imanquablement penser à Bruges.
Au cours du Siècle d'Or, la ville était, après Amsterdam, le centre de commerce le plus important des Pays-Bas.
J’ai amarré Pandorak au cœur de la vieille ville, sur le canal qui traverse la presqu’île de Walcheren.
Ellen et mon père me rejoignent pour une semaine dans la capitale de la Zélande.
Mon père découvre avec joie Pandorak
Ellen savoure la spécialité locale : les "Botterbabbelaars".
Puis vient le grand jour : le dernier pont est franchi à Vlissingen, à l’embouchure de l’Escaut Occidental : face à nous et sous le ventre de Pandorak, l’eau est maintenant définitivement
salée…
Dimanche 6 avril 2008. Ambiance tendue à bord. Pandorak va connaitre son baptême de mer.
L’ojectif de la journée est Zeebrugge, sur la côte belge. A l’intérieur tout est minutieusement fixé, le pont est
rangé, les drisses bien au clair. Les cirés et brassières sont enfilés, les harnais sont capelés aux lignes de vie. Je suis à la barre, tendu. Sortie du port. Ca y est, la grande voile est hissée,
le génois se déroule dans des gestes imprécis.
D’heures en heures, la tension diminue : les réactions du bateau sont saines, la barre est sensible, équilibrée, le bateau étale
bien, se montre assez raide à la toile, nous permettant de remonter ce mauvais sud-ouest qui nous freinera jusqu’en France. Pourtant, je ne suis toujours pas en mer, mais dans l’expectative, dans
l’attente silencieuse de la casse à venir, de la panne vicieuse, de la prochaine manifestation de la loi de Murphy.
Rien de tout cela. Pandorak taille sereinement sa route, contre le vent, aidé par le puissant courant de marré qui porte au large pendant un peu moins de 6 heures. Si je ne me «sens» pas encore en
mer, je ressens quand même autre chose : ce petit bateau est un vrai voilier, sensible, vif ; certes les vagues ont la fâcheuse tendance à grimper un peu trop facilement sur le pont, mais le bateau
avance tout en souplesse, ne se plante pas dans les vagues : je suis bien loin de la maison flottante d’Unimak et des « sensations » de sa barre à roue hydraulique… Le soir, nous fêtons notre
arrivée dans le port de Blankenberge par une bière et une belle portion de frites.
Le lendemain, départ à 5h du matin, éclairé par la lune, nous dépassons Ostende et ses bacs à moules au bon plein.
La côte belge déroule son ruban de buildings. Les Belges adorent leurs plages et s’y entassent avec un sens esthétique qui n’est pas sans rappeler celui des Espagnols de la Costa Brava ; un
tramway, le « tramway de la côte » relie même toutes les plages du littoral belge, de la France jusqu’à Zeebrugge ! A Nieuwpoort, que nous visions, un coup d’œil sur la carte des courants nous
encourage à pousser encore plus loin : Dunkerque !
L’arrivée dans la cité de Jean Bart ne s’improvise pas : des bancs de sables affleurants rendent les abords du port de Dunkerque particulièrement
dangereux pour celui qui s’écarterait du chenal balisé ; le plus célèbre d’entre eux, le Banc de Sandettie, fur longtemps protégé par le bateau-phare rouge du même nom que je retrouve avec émotion
au Bassin du Commerce, où j’accomplis un petit pèlerinage personnel : c’est ici même, à bord du trois-mât « la Duchesse Anne » qu’avait été officiellement lancé notre périple fluvial, il y a de
cela 4 ans : souvenirs, souvenirs… où sont Richard, Ellen, Caramel et notre boîte jaune et bleu?
Par fabrice
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