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- You wanna leave tomorrow ?... but Danny arrives
!
... première dépression tropicale de la saison et son cortège de rafales à 50 nœuds, qui s’approche jusqu’à caresser le Cap Hatteras, la pointe orientale de la Caroline du Nord.
Nous savions déjà que nous étions sérieusement en retard sur la saison mais cette annonce nous boost : cap au nord, et vite !
Au Nord de Morehead City, justement, commence cette étrange excroissance du littoral américain, réunissant les baies de Pamlico (le plus grand lagon de la côte Est des États-Unis) et d’Albermarle, séparés de l’Atlantique par un fin cordon sablonneux : les Outer Banks.
Une protection naturelle bienvenue, car de l'autre côté de ce cordon, la façade atlantique de North Carolina porte le gentil sobriquet de Graveyard of the Atlantic (le cimetière de l’Atlantique). Inutile de préciser qu’on reste bien à l’intérieur…
Mais « l’intérieur » justement, est tout sauf lacustre : à cause de sa faible profondeur, l’Albermarle Sound peut être assez choppy, par vent d’est, tendance amplifiée par les mascarets des rivières qui s'y déversent. Nous le traversons à la vitesse misérable de 2 nœuds, dans un mauvais clapot.
Alligator
River : rencontre du 3ème type avec un
cerf nageant
à plus d’un mille des côtes et par 6 mètres de fond…?
Belle semaine farniente/trads à Dowry Creek chez Brent, Michele et Mary
Première écluse ! Le bief sépare la Caroline du Nord de la Virginie. La dernière
remontait aux Portes de Fer, entre Serbie et Roumanie, il y a déjà 5 ans...
Le cockpit rétrécit de
jours en jours
De l'eau couleur Coca-Cola : normal, on est aux
States
Au bout du canal, la ville de Norfolk, porte d'entrée du
plus grand estuaire des États-Unis : la baie de Chesapeake.
Norfolk est aussi la plus grande base aéronavale au monde :
nous sommes cernés par les porte-avions nucléaires
A Norfolk, Noah retrouve son grand-père. Il nous avait quitté à Fort Lauderdale (Floride). 3 mois plus tard, il est de retour à bord de Pando pour nous aider dans la dernière étape.
Le 14 mai 1607, trois navires anglais, Susan Constant, Discovery et Godspeed (un nom bien arrogant : il n'allait pas plus vite que Pando...), partis de londres 5 mois plus tôt, atteignent l’embouchure de la rivière James, à l’entrée de la baie de Chesapeake. Le capitaine a 27 ans. Il se nomme John Smith.
Avec ses 104 hommes, il débarque sur une île de la rive gauche de la James River et établit
un campement.
Vue de l'embouchure de la James River
Un village d'irréductibles petits... anglais
Jamestown est le plus ancien établissement de colonisation anglais permanent des États-Unis
actuels.
En décembre, John Smith est capturé par les tribus locales qui le condamnent à mort. Il est sauvé de justesse par la fille du chef Powhatan, une certaine... Pocahontas.
Le 20 août 1620, un navire hollandais débarque les 20 premiers esclaves africains. Originaires du golf de Guinée, ils travailleront dans les plantations. Le commerce triangulaire peut commencer...
Alors tout ça à cause de son
grand-père...
Des gens raffinés ces indiens Powhatans... intérieur très
confortable.
Eclairage zénithal modulable. Une armature souple mais très solide.
avant de creuser la partie consummée avec des
coquillages...
laborieux (2 semaines pour évider le tronc)
mais indestructible!
La même année, les Pilgrims Fathers, des dissidents religieux puritains, débarquent du Mayflower et fondent la colonie de Plymouth. Les Anglais formant le groupe ethnique majoritaire parmi les premiers colons venus s'installer, l'anglais devient la langue qui s'impose naturellement. Pourtant, en comparaison avec la Nouvelle-France et la Nouvelle-Espagne, la Nouvelle-Angleterre occupait un espace beaucoup plus restreint du Nouveau Monde...
"Ainsi, le colon se construisait une identité qui ne pouvait être qu'anglaise. S'il lui arrivait d'ajouter des mots indiens dans son vocabulaire (toboggan, mocassin, squaw, etc.), des mots français (prairie, bureau, etc.) ou des mots néerlandais (boss, yankee, etc.), s'il se vantait de moderniser l'anglais, il admettait en même temps qu'il valait mieux ne pas employer des américanismes perçus encore comme une «exagération». De cette façon, le colon ne serait pas un «sauvage» et saurait repousser l'influence de l'Espagne et de la France."
Pour résumer : ils se pointent un siècle après les Espagnols, ils s'emparent de la
Nouvelle-Hollande (Connecticut, New Jersey, Delaware, New York), ils déboutent les Français... et 400 ans plus tard, le jackpot : la planète parle anglais.
Et tout ça à cause d'un jeune couillon de 27 ans, parti fonder la Virginie.
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