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Retour à NYC
Le cockpit de Pando, transformé en mare aux canards...
Les restes du nid flottent encore.
La bôme qui a
abrité 3 oisillons pendant l'hiver...
un demi-mètre de neige a recouvert Pando : plus de cucarachas !
Home,
sweet home ! L'odeur de ma fidèle boîte rouillée !
Retrouver l'Amérique, c'est (aussi) retrouver certains petits plaisirs visuels...
... plus que gustatifs
Le poumon vert de la
ville, Central Park, un oasis de 4 km de long sur 1 de large,
au coeur d'une autre forêt : les skyscrapers
Sud de Manhattan
depuis le Rockfeller Center. A gauche, l'Hudson.
Difficile d'imaginer qu'en 1626, les néerlandais utilisaient l'île de Manhattan comme lieu d'élevage d'animaux domestiques...
L'ambiance rappel le Vondelpark en été à Amsterdam (hormis l'odeur de l'herbe...)
Après une semaine à NYC, nous
démâtons et mettons enfin cap au nord :
chaud devant (et derrière !) surtout ne pas toucher !! Pando gagne 4
m!
Le beau temps arrive, nous
partons enfin, clearance en poche pour quitter les states, malgré le visa yéménite sur le passeport de mon père, étrangement peu apprécié des douaniers
ricains...
Objectif : remonter les 500 km de l'Hudson, jusqu'au lac Champlain.
La goélette
Mystic Whaler, qui descend le fleuve toutes voiles dehors
Si les Anglais ont débaptisé le fleuve de son appellation néerlandaise d'origine (Noortrivier - la Rivière Nord) en
hommage au premier navigateur a avoir remonté son cours (Henry Hudson, pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales), c'est Verrazano qui l'embouque pour la première fois,
pour le compte de François Ier, baptisant la baie de New-York "Nouvelle Angoulême" et l'Hudson "Vendôme".
Jusqu'à Troy, l'Hudson tient en fait plus de l'estuaire marin que du fleuve : les effets de la marée, qui se fait chaque jour fortement sentir, dictent notre vitesse. Le fleuve prend sa source dans le lac "Larme des nuages" (Lake Tear of the Clouds), dans les Adirondacks que nous apercevrons bientôt.
Aujourd'hui, la vallée de l'Hudson constitue une des voies de circulation les plus fréquentées d'Amérique du Nord, même si on est très loin du trafic rhénan et de ses maxi-pousseurs...
Beaucoup de villas rappellent l'Age d'Or,
quand les mythiques familles américaines, Vanderbilt, Roosevelt et autre Rockefeller passaient leurs vacances sur les
rives du fleuve.
De nombreux phares balisent le fleuve,
perchés sur des îlots
L'Académie militaire de West Point, la plus grande des US, domine la rive droite
Chaque jour, le ciel dessine de
gigantesques arabesques :
la saison migratoire a commencé. Cap au Nord, comme nous !
Je commence à comprendre les raisons du récent amerissage forcé de l'A320 dans l'Hudson : plus de 5000 cas de collisions par an oiseaux/avions ont été rapportés par l'US Air Force !
Mon
grand-angle ne suffit plus!
A Albany, mon père doit malheureusement me quitter, à cause d'un problème de santé. Après de vaines tentatives de prise en charge dans un
hôpital ricain (la première question étant systématiquement : "quelle est votre société d'assurance ?" immanquablement suivi d'un "Désolé, je ne peux rien faire pour vous"), il décide de partir
en bus pour Montréal.
Je me retrouve seul à bord, avec au programme les 12 écluses du Canal Champlain en solo, mat couché !
Deux noms de villes
traversées en 2008 sur l'écran de mon GPS !
Pas de pilote auto (le gyrocompas, fixé sur le mât couché, étant inutilisable)
Il s'agit d'avoir tout sous le coude pour éviter de devoir lâcher la barre
(10 h/jour).
Absent sur la photo : le "WC de cockpit" (seau).
J'approche de Troy, point de départ
du canal et des écluses
Le Canal Champlain relie, sur 100 km, l'Hudson au sud du lac Champlain.
Il a été construit dans le but d'alimenter le canal Erié,
qui relie directement l'Hudson au lac Erié.
Je tiens fermement Pando par l'unique taquet du milieu.
Inconvénient : la bateau pivote autour de ce point,
envoyant les deux extrémités du mât "caresser" le bajoyer.
Concentration maximale et gros stress, il s'agit pas de tordre le tube !
Les éclusiers, surpris de me voir seul, se montrent très sympas et me laissent
choisir une place.
Les
barrages jouxtent les écluses et témoignent de la force du courant
Je m'arrête
pour la nuit à Fort Edward. Un burger en ville et au lit !
Le lendemain, Pando reprend sa route, parsemée de guillotines
Les
rives sont de plus en plus boisées... frustration que mon père ait manqué ça
Dernier éclusage, descendant, le 12 ème,
bientôt libre !
A Whitehall, j'atteins l'extrémité sud du lac Champlain, qui ressemble encore à une rivière pour bientôt s'élargir et atteindre 19 km de large (pour 180 km de
long).
Pando face aux Green Mountains.
Rive gauche : état de New York. Rive droite : Vermont.
Je suis à Chipman Point, à une grosse journée de nav de la frontière canadienne. La météo des jours à venir est mauvaise, des orages de chaleur sont prévus. L'idée de traverser sans voile, en m'en remettant uniquement à mon petit moteur me stresse. Inutile de remâter : dès la frontière passée, il me faudra re-démâter pour passer les écluses de la rivière Richelieu. Et si je me retrouve en panne au beau milieu du Champlain, dont le caractère mauvais est réputé par vent de secteur nord (200km de fetch) ? Après réflexion, je quitte Chipman Point à l'aube. Lorsque, à 100m du ponton, je mets les gaz, je reste scotché à 1,5 noeuds. Je pense immédiatement à un cordage pris dans l'hélice, jette l'ancre et pique une tête dans l'eau (froide : il est 5h du mat). Rien! Mon inverseur HURTH qui me lâche à nouveau, alors que je l'ai changé en Floride! Dans la foulée, l'alternateur refuse de débiter le moindre ampère. Pour le coup, la Loi de Murphy vient de m'éviter une situation scabreuse. Lorsque, 26 h plus tard, le vent se lève et qu'un orage de fin du monde s'abat, je remercierais presque HURTH de concevoir de pareilles merdes...
Retour à Chipman Point...
De l'avis de Raymond, mon voisin de ponton et ami, le sort a voulu que je sois bloqué dans le meilleur spot du Champlain pour laisser Pando : les québécois de passage m'affirment également que je ne trouverais pas moins cher au nord (300 USD pour laisser Pando 6 mois à terre...) L'ambiance est familiale et bon enfant. Tout le monde s'affaire pour résoudre mes problèmes. Chipman n'est qu'un ponton isolé de tout mais Raymond, soudeur à la retraite, me sort régulièrement pour visiter les environs en pick up et sera un guide providentiel pendant deux semaines, entre restos, virées et BBQ. Nous partons à bord de "Good Fortune", sa vedette, découvrir le sud du lac. Je lui laisse mon alternateur et mon inverseur à réviser. Son aide durant ces semaines est tout simplement... inestimable.
Andy, au BBQ, me nourrit régulièrement des poissons qu'il sort de l'eau, presque mécaniquement, au rythme d'1 par minute, les jugeant chaque fois trop petits pour lui.
Je n'en demande pas tant !
Merci pour tout, Ray!
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