Partager l'article ! Nouvel angle: D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais rêvé de voler. Mon rêve était ...
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D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais rêvé de voler.
Mon rêve était de prendre la mer.
Pas de parfums, de vent qui fouette le visage ou qui siffle dans les oreilles, mais le confort ouaté d’un habitacle pressurisé. Le manque d’émotion que j’éprouve en prenant l’avion m’a toujours frappé. Sans doute trop loin de la terre…
Les voyages en appellent d’autres. Comme les livres, ils ouvrent en grand des portes qui auraient très bien pu rester fermées. Ce besoin nouveau de grimper en tête de mât est un cadeau de Caroline du Sud.
Jeter un œil au-dessus du rideau végétal des rives. Troquer ces quelques arbres pour la cime cotonneuse d’une forêt qui se révèle brusquement immense. S’éloigner pour mieux embrasser, comme on recule de quelques pas pour mieux contempler un tableau. A quelques centaines de mètres de hauteur, pas plus.
Besoin de plonger physiquement dans le paysage. Aucun rêve d’enfant à l’origine, mais une certitude inexplicable, à 32 ans. Une envie qui sourd au fil des miles de la côte est américaine, dans la limitation frustrante des rives. Une histoire d’air qui plonge ses racines dans l’eau. Pour finir par se cristalliser en une obsession :
APPRENDRE A VOLER !
Retour à Amsterdam. La voie du ciel commence sur Google. D’abord une longue immersion sur la toile pour définir l’aéronef approprié. Le monde de l’aéronautique m’est complètement étranger.
Mon cahier des charges est clair : l’engin doit être transportable sur Pando, être le moins cher et le moins polluant possible. Il doit pouvoir décoller de partout, ou presque, sur quelques mètres, sans trop de formalités. L’idée première de l’autogire et du pendulaire (!) est donc vite abandonnée, au profit de l’avion de poche par excellence : le paramoteur. Une aile souple de la taille du génois de Pando, un petit moteur de tondeuse à gazon et sa grosse hélice dans le dos. L’ensemble tenant dans un gros sac à dos et étant transportable par avion. Difficile de faire plus simple.
Une fois l’aéronef défini, les journées de lecture filent, saturées d’une terminologie technique nouvelle, comme au temps de mon initiation, purement livresque, à la mer. Voile reflex ou profil classique ? Embrayage centrifuge ou non ? Carburateur à cuve ou à membrane ? Attaches sellette ou cannes mobiles? Impossible de faire l’impasse sur ces questions : il s’agit quand même de réussir à quitter le sol… pour revenir entier.
Dans un premier temps (réflexe classique du débutant) mon choix se porte sur la Rolls des paramoteurs : un moteur 4 temps (Bailey 180V3) et son châssis en titane…
Avant de réaliser qu’il me faudra un moment avant de pouvoir me le payer... Calculs, hésitations… puis la libération : il suffit d’appliquer la méthode Pando (« un petit bateau tiens vaut mieux qu’un grand tu l’auras ») à mon envie de voler.
C’est Ebay qui m’offre le bon compromis : un Adventure M3 (160 cm³, 24 cv) et sa Dakota ITV (voile semi-reflex). Le moteur est un 2 temps et le châssis est en alu… on est loin du 4 temps en titane mais l’ensemble, âgé de 2 ans, a très peu servi et semble en parfait état.
Le rêve d’Icare pour 4200 €… Affaire conclue.
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