| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Prégonflage, face voile
Construction de l'aéronef
Course d'envol
AveManfred, vol du Stoderzinken
Chaque matin commence par un coup d'oeil à la fenêtre. C'est bon ? Je pars voler.
30 minutes de bus, 45 de marche à 20% de dénivelé et je suis au sommet, à 2000m.
Ressentir le vent. Chercher le lieu de déco adapté. Sortir le matos. Se représenter la course d'envol.
Contrôler la montée de l'aile. Courir. Ressentir le moment où c'est gagné, où la portance m'arrache.
Le reste n'est qu'une longue glissade dont je savoure chaque seconde.
Rester le maître de son aile, toujours.
Certains
décollages au sommet, face voile, me ramènent sur le pont de Pando.
La voile m'échappe, se dérobe, m'éjecte, serpent qui veut m'emporter en enfer. Comme un spi qui refuse de s'affaler dans le baston et menace de
coucher le navire. Ecraser les commandes de frein. Rester sur terre.
Trouver le point d'équilibre entre sagesse et témérité.
Savoir annuler le vol et remballer. Parce que ça souffle trop.
Même si la voile d'un vieux pilote chevronné luit comme un mirage dans le ciel...
Déco en solo au sommet du Stoderzinken (2047m) : ça souffle !
... une fois en l'air, la sueur de l'ascension (avec 15kg sur le dos) sèche vite...
enfin l'angle auquel je rêvais : celui de l'oiseau
un vent favorable me permet de survoler notre village, Gröbming
(Achtung : éviter de s'empaler sur le clocher)
... avant d'atterrir à 100m de la casa. Yes!
A droite, la vallée de l'Enns, le plus long affluent autrichien du Danube...
Semaine riche en vols dans la région de Meduno, en Italie. Du sommet de ce versant des Alpes, on aperçoit au loin une fine ligne grise scintillante : l’Adriatique.
Découverte déconcertante de mes premières ascendances et premiers longs vols en soaring. Au décollage, le parapente ne plonge plus mais s’élève à la verticale…
Les vols s’enchaînent et chacun apporte un enseignement. Les manœuvres sont plus souples, ma confiance dans cette étrange machine progresse : le parapente est un véritable voilier des airs, qui – entre les mains d’un pilote expérimenté – affiche une maniabilité démoniaque.
Apprendre à déchiffrer les flux invisibles qui gouvernent ce nouvel élément. Les turbulences sous le vent de la petites clairière, les rouleaux derrière les crêtes, les accélérations dans les fonds de vallées, les cisaillements en bordure de thermique, l'étirement lenticulaire des cumulus qui trahissent l'arrivée du Foehn. Relief oblige, l’aérologie alpine se révèle infiniment plus complexe que la météo marine...
Avec une trentaine de vols entre 450 et 1200 m à mon actif, les sensations progressent vite mais le chemin vers l'oiseau est encore long.
Le programme de cet hiver sera donc : voler, voler, voler !
Play in High Definition / Lecture en HD ici
___________________________________________________________________
Voile : Advance Alpha 4 – 28m² ; Selette : Woody Valley Voyager plus.
...et puis vient le jour du premier vol en solo.
Ce moment indescriptible où il faut bien accepter de débrancher sa cervelle.
Réminiscence du Cap-Vert...
Lieux : Michaelerberg, Bischling, Hauser Kaibling, Stoderzinken.
Ecole : Sky Club Austria
Musique : Alone in Kyoto (Air)
Premier vol en tandem from Pandorak on Vimeo.
Nous avons quitté Amsterdam pour nous installer à Gröbming, un petit village alpin de Styrie (Autriche).
Le choix s'avère meilleur que la capitale hollandaise pour apprendre à voler : le terrain de décollage est à 200m...
Premier obstacle : la législation autrichienne est beaucoup plus sévère qu'en France ou en Hollande (où il est possible d'obtenir son brevet de paramoteur en 3 petites semaines d'un aprentissage en plaine).
Ici, la complexité de l'aérologie alpine oblige à être d'abord un pilote de parapente confirmé avant de pouvoir accéder à la formation de paramotoriste.
Il va donc me falloir décrocher 3 certificats de parapentiste (Schulbestätigung, Paragleiterschein, Überlandflugberechtigung) avant de pouvoir démarrer ma belle mobylette des airs...
Je pense finalement que c'est une excellente chose. Mieux vaut commencer par la base, c'est-à-dire par le vol libre, sans moteur : on apprend mieux à naviguer à bord d'un optimiste que sur un 40 pieds...
D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais rêvé de voler.
Mon rêve était de prendre la mer.
Pas de parfums, de vent qui fouette le visage ou qui siffle dans les oreilles, mais le confort ouaté d’un habitacle pressurisé. Le manque d’émotion que j’éprouve en prenant l’avion m’a toujours frappé. Sans doute trop loin de la terre…
Les voyages en appellent d’autres. Comme les livres, ils ouvrent en grand des portes qui auraient très bien pu rester fermées. Ce besoin nouveau de grimper en tête de mât est un cadeau de Caroline du Sud.
Jeter un œil au-dessus du rideau végétal des rives. Troquer ces quelques arbres pour la cime cotonneuse d’une forêt qui se révèle brusquement immense. S’éloigner pour mieux embrasser, comme on recule de quelques pas pour mieux contempler un tableau. A quelques centaines de mètres de hauteur, pas plus.
Besoin de plonger physiquement dans le paysage. Aucun rêve d’enfant à l’origine, mais une certitude inexplicable, à 32 ans. Une envie qui sourd au fil des miles de la côte est américaine, dans la limitation frustrante des rives. Une histoire d’air qui plonge ses racines dans l’eau. Pour finir par se cristalliser en une obsession :
APPRENDRE A VOLER !
Retour à Amsterdam. La voie du ciel commence sur Google. D’abord une longue immersion sur la toile pour définir l’aéronef approprié. Le monde de l’aéronautique m’est complètement étranger.
Mon cahier des charges est clair : l’engin doit être transportable sur Pando, être le moins cher et le moins polluant possible. Il doit pouvoir décoller de partout, ou presque, sur quelques mètres, sans trop de formalités. L’idée première de l’autogire et du pendulaire (!) est donc vite abandonnée, au profit de l’avion de poche par excellence : le paramoteur. Une aile souple de la taille du génois de Pando, un petit moteur de tondeuse à gazon et sa grosse hélice dans le dos. L’ensemble tenant dans un gros sac à dos et étant transportable par avion. Difficile de faire plus simple.
Une fois l’aéronef défini, les journées de lecture filent, saturées d’une terminologie technique nouvelle, comme au temps de mon initiation, purement livresque, à la mer. Voile reflex ou profil classique ? Embrayage centrifuge ou non ? Carburateur à cuve ou à membrane ? Attaches sellette ou cannes mobiles? Impossible de faire l’impasse sur ces questions : il s’agit quand même de réussir à quitter le sol… pour revenir entier.
Dans un premier temps (réflexe classique du débutant) mon choix se porte sur la Rolls des paramoteurs : un moteur 4 temps (Bailey 180V3) et son châssis en titane…
Avant de réaliser qu’il me faudra un moment avant de pouvoir me le payer... Calculs, hésitations… puis la libération : il suffit d’appliquer la méthode Pando (« un petit bateau tiens vaut mieux qu’un grand tu l’auras ») à mon envie de voler.
C’est Ebay qui m’offre le bon compromis : un Adventure M3 (160 cm³, 24 cv) et sa Dakota ITV (voile semi-reflex). Le moteur est un 2 temps et le châssis est en alu… on est loin du 4 temps en titane mais l’ensemble, âgé de 2 ans, a très peu servi et semble en parfait état.
Le rêve d’Icare pour 4200 €… Affaire conclue.
Commentaires Récents